C’est au fond de l’impasse des écureuils, à Landivisiau, que se niche le fournil d’Yves Le Signor. Il y a sept ans, après avoir reçu une longue formation au travers d’un tour de France en tant que compagnon du devoir, Yves a décidé d’ouvrir sa propre boulangerie. Depuis, le four à bois chauffe tous les jours. L’équipe d’Yves compte à ce jour cinq personnes : Grégory l’aide dans la préparation des pains ; Caroline, Samuel et Ghislaine se chargent de la vente sur les marchés et des livraisons dans les magasins et les restaurants. Les salariés sont arrivés petit à petit, au fur et à mesure que la demande augmentait et que les fournées se multipliaient. Mais Yves a décidé de mettre un terme à son développement : l’équipe ne grossira plus. Et surtout, Yves veut rester boulanger, « garder un pied dans le fournil, pour garder le sens des réalités… »

Une bonne odeur de levain et de farine flotte dans l’air chaud du fournil où Yves travaille, juste derrière la boutique, ouverte deux fois par semaine. Grégory prépare les pâtes et façonne les pâtons, tandis qu’Yves se charge souvent de la cuisson : il enfourne les miches dans le four brûlant avec une longue pelle en bois et les en retire quelques minutes plus tard, dorés à point, si craquants et moelleux à la fois.

Même si Yves ne compte pas les heures qu’il passe à la boulangerie, entre la fabrication des pains et la préparation des commandes, il trouve aussi le temps de s’investir au sein de l’association « Landivisiau doit dire non à la centrale ». Entre deux des vingt fournées qu’il fait par semaine, il va manifester contre un projet qu’il considère comme inutile et dangereux…