Lieu-dit de Kerrillo, Plabennec

C’est sur cette ferme qu’Henri s’est installé, il y a 25 ans, en maraîchage bio. A l’époque, sa démarche était plutôt marginale, l’agriculture biologique était moins répandue qu’aujourd’hui, mais Henri n’a jamais imaginé travailler autrement qu’en bio.

Henri cultive ses légumes sur 10 hectares, où quelques tunnels côtoient des parcelles de plein vent, complétés par des prairies et des cultures de céréales qui permettent une rotation satisfaisante*. Marie-Annick, salariée, travaille quotidiennement avec lui depuis 20 ans. Henri accueille régulièrement des stagiaires sur la ferme, quelques semaines ou quelques mois. Ils en prennent de la graine, qu’ils vont semer ensuite sur leurs propres terres… C’est le cas de Stéphane Sénamaud, l’un des maraîchers du réseau de Court-Circuit, installé depuis peu à Plougastel après un stage chez Henri.

 

Escorté toute la journée par Follette, la chienne de la ferme, ce petit monde besogne gaiement. Semer les radis, planter les plants de tomates, sarcler les carottes, récolter les choux, laver les poireaux, préparer le marché du vendredi ainsi que les paniers pour la vente à la ferme et pour les adhérents de Court-Circuit, et ce, qu’il vente ou qu’il pleuve, dans la joie et la bonne humeur.

Un petit troupeau de vaches, quelques cochons et une basse-cour où piaillent vingt poules complètent la production végétale : Henri vend quelques caisses de veau, du porc et des œufs. La petite famille de chèvres, quant à elle, est chargée d’entretenir les talus…mais s’attaque parfois aux framboisiers, au grand dam des gourmands !

Depuis qu’il est paysan, Henri est impliqué dans le syndicat du réseau FNAB (Fédération Nationale des Agriculteurs Bio) dont fait partie le GAB 29. Pendant quelques années, il a été président de la FNAB. Il est aujourd’hui président de Biocohérence : en réaction à la naissance du cahier des charges européen de l’Agriculture Biologique, en 2009, qui signait une régression des exigences par rapport au cahier des charges français antérieur, cette association a créé une marque qui fait valoir une démarche plus exigeante que ce dernier, tant au niveau du respect de l’environnement, de la dimension sociale et de la relation entre producteurs et consommateurs.

*« Comme tout agriculteur devrait le faire » selon lui, Henri pratique la rotation des cultures : il fait alterner d’une année sur l’autre différentes variétés de légumes mais aussi de légumineuses, comme la féverole. Grâce à ces dernières, le sol se charge d’azote, qui sera utilisé par les cultures qui suivront. Les légumineuses ne sont pas proposées dans les paniers d’Henri, mais servent à nourrir les cochons.

Mercredi 29 Mai 2013